Portugal - jour 10 : Lisbonne - Élévations et plongées dans l'âme de la ville...

Vendredi 16 mai 2014

  • Miradorou de Santa Luzia*
  • Bairro Castelo Sao Jorge**
  • Visite du château et terrasses
  • Balade dans la Mouraria** et dans le quartier de Graça*
  • Miradorou de Nossa Senhora do Monte**
  • Miradorou Santa Luzia* (bis !)
  • Alfama**
  • Dîner fado à "Fado na Morgadinha"* et fin de soirée à Mesa de Frades




On décolle de plus en plus tard de la Casa do Patio... Il faut dire que le super petit dej ainsi que les tables et chaises au soleil appellent au farniente...

Nous rechargeons nos cartes Viva Viagem et attendons un moment le tram place Camoes, mais la circulation est bloquée, visiblement un problème en centre ville...





Rua da Bica - Chiado - Lisbonne
Rua da Bica - Chiado - Lisbonne
Chiado - Lisbonne
Chiado - Lisbonne
  
Chiado - Lisbonne


Chiado - Lisbonne


Chiado - Lisbonne


Après une seconde tentative de visite de l'église Sao Roque (on apprend que les offices spéciaux qui ont lieu ce mois-ci empêchent toute visite à certaines heures), nous descendons finalement à pied jusqu'à Baixa et montons jusqu'au bairro Castelo Sao Jorge en passant par le Largo da Sé et le Miradorou de Santa Luzia qui offre une belle vue sur les toits de l'Alfama.


Baixa - Lisbonne
Baixa - Lisbonne

  



Rémouleur Lisboète










Nous décidons de partir à la découverte du petit quartier de Santa Cruz, lacis de ruelles pavées minuscules et étroites qui mènent au Castelo Sao Jorge. Ce coin est un des plus anciens de la ville. On se croirait dans un petit village. Façades abîmées mais colorées, linge suspendu aux fenêtres, cages à oiseaux, plantes en pot… jolie ambiance :)




  










  

















Nous remontons ainsi en zig-zag jusqu’à l’entrée du Castelo Sao Jorge, que nous décidons de visiter malgré un prix un peu élevé et les retours assez mitigés que nous en avons eus (7,5€/p).
Situé sur la plus haute colline de Lisbonne, le site fut une forteresse occupée tour à tour par les Romains, les Wisigoths, les Maures, bien avant l’arrivée des rois portugais.














Après la prise de Lisbonne aux maures au 12ème siècle, les rois baptisèrent le château au nom de Saint Georges, martyr vénéré par les croisés. Après le séisme de 1755, les remparts sont restés en ruine puis Salazar en 1938 décida de lancer la restauration des murailles médiévales et fit réaliser les jardins, dont certaines végétales espèces rares furent importées du Brésil.









Lisbonne - Elevador Santa Justa - Igreja do Carmo
L'Elevador Santa Justa et derrière à droite, l'Igreja do Carmo

Praça da Figueira - Lisbonne
Praça da Figueira







La balade dans le parc est agréable, pas mal d’endroits ombragés, et les paons font le spectacle.
Tout au long des massifs remparts, des belvédères sont aménagés, présentant de superbes vues sur la ville...
Nous ne regrettons pas la visite.





A droite le Largo de Graça - A l'arrière-plan à gauche le Miradorou Nossa Senhora do Monte



Il est déjà près de 14h, alors nous allons nous boire une bière bien fraîche et manger un sandwich tomates/sardines au Mercearia Castelo, un bar minuscule mais très sympa et ombragé au pied des fortifications du château.

Après cette pause, nous contournons les murailles par le sud-ouest et pénétrons dans le quartier de la Mouraria. Ce quartier, qui s’enroule littéralement au pied des remparts du château et qui descend en pente raide jusqu’à la place Martim Moniz, a toujours été un quartier pauvre et populaire de Lisbonne. Berceau du fado avec l’Alfama (que nous verrons plus tard), ses ruelles étroites et escaliers escarpés furent le théâtre de nuits mouvementées, animées par les cabarets populaires et sombres hôtels de passe.











Aujourd’hui il regroupe 38 nationalités différentes originaires pour la plupart des anciennes colonies portugaises. La municipalité a décidé depuis quelques années de rénover les maisons et monuments du quartier dans le respect des traditions populaires, s’appuyant sur des associations qui font le lien avec les habitants.
Ainsi nous découvrons un quartier non aseptisé, vivant, où il fait bon se balader pour qui aime les lieux qui ont une âme.















Par de raides escaliers nous remontons jusqu’au miradorou da Graça. La vue y est moins spectaculaire que depuis le château, mais la petite placette arborée est agréable et la visite de l’église Nossa Senhora de Graça nous apporte un peu de fraîcheur.












Autour du joli largo de Graça, nous suivons les conseils du Routard qui nous guident vers la découverte des anciennes cités ouvrières de la ville. Nous admirons tout d’abord la belle façade couverte de céramique bleue de la villa Sousa, puis traversons la vila Berta avec ses petits jardins et façades fleuries.









Par les petites rues autour de la rua da Graça, nous remontons jusqu’au Bairro Estrala d’Ouro, édifié en 1908 et 1909, une autre cité ouvrière de la ville, typique avec ses petits escaliers et balcons métalliques.







Plus loin, nous sommes attirés par un portail s’ouvrant vers un patio arboré. L’homme qui est en train de fermer le portail nous fait signe d’entrer, alors nous ne nous faisons pas prier.
Nous découvrons une sorte d’hospice/maison de retraite colorée, avec une petite chapelle et un beau jardin arboré. Des mamies sont assises dehors à l’ombre tandis que quelques familles leur font la visite. Les lieux sont très paisibles… Un deuxième petit jardin, très fleuri voire encombré, nous fait oublier que nous sommes en cœur de la ville.
Il s’agit de la Casa de Nossa Senhora de la Vitoria, un lieu insolite et hors des sentiers battus, comme on les aime.











Par la rue da Senhora do Monte nous arrivons au largo du même nom où nous étions l’avant veille au soir. Le lieu est toujours aussi tranquille, et la vue panoramique toujours aussi belle.
















Nous redescendons ensuite jusqu’au largo de Graça, puis 300m plus bas arrivons au Monastère de Sao Vincente de Fora qui marque l’entrée dans le célèbre quartier de l’Alfama.
Érigé entre 1582 et 1627 en l’honneur de Saint Vincent, le saint patron de la ville, il domine l’Alfama de ses hautes façades bien blanches. Il est 17h et il nous reste une petite heure pour la visite (5€/p).





Ses dimensions sont assez grandioses, mais le style général est plutôt épuré voire austère.
Les soubassements des galeries des cloîtres sont ornés de beaux azulejos du 18ème aux thèmes historiques et champêtres. Sous le monastère, une grande citerne du 16ème.
















L’ancien réfectoire abrite le mausolée de la dynastie des Bragance où sont réunis les tombeaux d’une bonne partie des souverains portugais dont celui de Manuel II, le dernier roi du Portugal.





Les salles situées à l’étage abritent une belle collection d’azulejos représentant 38 fables de la Fontaine, eux aussi du 18ème siècle, longtemps dissimulés sous des couches de plâtre car considérés comme peu conformes aux dogmes de l’Eglise.







Un dernier escalier nous mène sur le toit terrasse, où nous attend une superbe vue sur la ville et les rives du Taje.















Par de toutes petites ruelles typiques et populaires nous pénétrons dans l’Alfama, avant de remonter boire une bière bien fraîche au largo de Santa Luzia. La lumière est belle à cette heure. Vers la gauche nous voyons le dôme d’Igreja de Santa Engracia et les clochers du monastère de Sao Vincente, ainsi que la plus modeste église de Santo Estevao.















Nous plongeons enfin dans l’Alfama, le cœur battant de la Lisbonne populaire, où les maisons de Fado pullulent, où les vieux lisboètes regardent les touristes se fatiguer dans les escaliers pentus, où des ruelles tordues mènent à de jolies placettes colorées et passages voûtés, où les façades fatiguées restent ornées de petits balcons en fer forgé servant d’accroches aux guirlandes multicolores qui prennent vie la nuit tombée, quand les ruelles s’emplissent du fado des amateurs.



  








  






Justement pour ce soir, nous avons repéré une petite “tasca”, une de ces tavernes où il est possible de manger et de s’initier au fameux fado : la taverne “Fado na Morgadinha” située sur une petite placette calme et agréable.
Nous y dînons plutôt correctement, et le Fado est assuré par quelques chanteurs et chanteuses amateurs venus se faire connaître et faire connaître leur Fado. Accompagnés de guitaristes, ils nous chantent de façon plutôt talentueuse (mais nous sommes novices !) la mélancolie et les souffrances de la vie, les jalousies intestines, la nostalgie du passé. L’ambiance est bon enfant et les prix restent très corrects (54€ tout compris), donc un bon point pour ce lieu sympa.








Le repas et le spectacle terminés, nous décidons de pousser jusqu’à une autre maison de Fado, la Mesa de Frades situé Rua dos Remedios, où nous arrivons à pénétrer lors d’une courte pause.
Autre ambiance, beaucoup plus chic, très beau cadre. Fado beaucoup plus stylé, plus professionnel. Plus profond et “prenant” aussi. C’est ni mieux ni moins bien que le “spectacle” précédant, simplement une autre approche pour un public certainement plus exigeant. Il faut voir les deux.

Nous avons de la chance car personne ne nous demande rien, nous restons un moment à écouter quelques airs assis entre deux tables pour ne déranger personne, puis profitons d’une nouvelle pause pour nous esquiver. A noter qu’il vaut mieux ne pas y manger : y arriver tard comme nous et simplement y boire un verre…

Il est plus de 0h30, on “oublie” donc le tram et nous rejoignons les quais où nous n’avons aucun mal à trouver un taxi qui nous ramène pour quelques euros à la Casa do Patio.

Une belle journée, sous forme de plongée dans l’âme populaire de Lisbonne.

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