Cyclades - jour 2 : Anafi - découverte de la côte Sud

Samedi 7 septembre

  • Lever de soleil sur Chora
  • Arrivée à la pension Ta Plagia
  • Balade à pied sur la côte sud
  • Klissidi, Katsouni
  • Roukounas, Katalimatsa
  • Cérémonie au monastère Zoodochos Pigi
  • Dîner à la taverne To Steki


Sunrise-Chora-Anafi-Cyclades-Grece




Il est 6h20 quand le navire arrive à quai sur la petite Anafi, une prouesse de ponctualité sur une telle distance. Aussi il fait presque nuit noire lorsque nous quittons notre cabine et débarquons du Prévelis.
Les quelques voyageurs les yeux encore embrumés se dirigent vers le bus affrété à l'occasion de chaque arrivée de ferry (1,5€/p), c'est qu'il faut désormais rejoindre Chora située à quelques kilomètres sur les hauteurs de l'île.











Le bus enchaîne les virages serrés dans une ambiance rocheuse quasi lunaire, lorsque Chora à peine éclairée nous apparaît à la sortie d'une dernière courbe. Le chauffeur arrête les voyageurs au gré de leurs hébergements, le notre est à l'entrée du village donc nous descendons parmi les premiers.

Nous entrons dans la pension Ta Plagia et sommes accueillis par Miklos (?), le mari d'Athina, qui vient seulement d'ouvrir les portes du petit café où se situe l'accueil. Nous pouvons y déposer nos sacs, mais pour le petit déjeuner c'est bien trop tôt. Alors nous partons en balade tandis que le jour se lève à peine.






Lever de soleil sur Anafi


Les ruelles toutes blanches de Chora sont désertiques.
Le temps semble suspendu, comme le village au dessus des flots.
Pas de vent.
La douceur des couleurs de l'aube flatte la rétine et berce les esprits. 
Le moment s'annonce rare.
























































Le village n'est pas bien grand, respire l'authenticité, il est aisé de s'y repérer. D'une placette à l'autre nous arrivons au pied du "Kastro" qui domine le village, l'ancienne place forte vénitienne qui abrite aujourd'hui encore les maisons les plus anciennes, de minuscules habitations cubiques et défraîchies accessibles par d'étroits escaliers aux marches inégales.


















Le soleil arrive, par delà les montagnes de l'île, retenu encore quelques minutes par le mont Kalamos, mythique sentinelle d'Anafi séparant symboliquement la mer de Crète et la mer Égée.













Nous grimpons les dernières marches pour atteindre le point culminant du Kastro, où la mignonne chapelle Agios Georgios semble encore endormie.
La vue à 360 degrés est superbe, en surplomb du village, nous restons là un moment à savourer l'instant précieux et la quiétude infinie.




























Lorsque nous descendons du Kastro le village ne semble pas beaucoup plus éveillé. Quelques habitants sont dehors, profitent de cette belle lumière dorée, donnent quelques coups de balais comme pour envoyer à la postérité la journée de la veille et passer à la suivante dans un rituel quotidien se répétant à l'infini.

































Seule la boulangerie, l'unique du village (de l'île ?) près de la place principale, a ouvert ses portes.
Une échoppe minuscule où l'accueil est souriant et cordial, qui hume la cannelle, le miel et la levure, et dont les petits présentoirs débordent de pains variés et de viennoiseries toutes aussi appétissantes les unes que les autres. On opte pour de croustillants chaussons aux pommes et à la crème, un délice que nous apprécions sur les bancs de la petite place face au soleil en attendant qu'un café ouvre ses portes.








Finalement le joli café Argo et sa propriétaire agréable nous accueillent, aussi nous nous installons sur l'une des jolies tables colorées avec une belle vue sur l'amphithéâtre formé par le village et la mer pour horizon. Nous retrouvons avec joie les cafés grecs, les frappés et les jus d'orange frais...



















Nous prenons notre temps et en profitons pour faire un dernier point sur notre carte Anavasi de l'île (très bien faite) et notre programme des prochains jours, tandis que quelques habitants nous rejoignent pour leur café quotidien.
Jolie ambiance.













Nous regagnons Ta Plagia où les lieux sont maintenant un plus animés. Athina la propriétaire nous  accueille avec entrain et nous installe dans un joli studio bénéficiant d'un panorama tourné vers la mer. Le lieu est spacieux, frais et très agréable, bien équipé, propre et tout simple comme on aime (60€/n). On va être bien !




























La résidence elle-même est installée à flanc de colline, en contrebas du café, un alignement de petits studios sur deux niveaux - le nôtre est à l'étage, le long d'une allée fleurie pleine de charme.







En balade vers la côte Sud


Nos affaires en place nous quittons la pension, seuls quelques dizaines de mètres nous séparent de la boutique de Giannis (Giannis Moto Rent), notre loueur de scooter, un gars tout jeune débordant de gentillesse, de bienveillance et d'amour pour son île qui tague avec entrain notre carte des "lieux à voir" et chemins où nous pouvons passer... ou pas.

Nous nous éloignons maintenant du village et empruntons la route en lacets qui redescend au port. Vues multiples sur le village, on pourrait ne pas s'en lasser.


















A gauche, en contrebas nous pouvons apercevoir la belle plage de Klissidi avec sa plage dorée et ses eaux vert jade.


















Le port n'est pas bien grand, une simple jetée en béton bordée des pensions rustiques, une agence de tourisme et une plage familiale où quelques familles barbotent.
Il est près de midi.








Klissidi


Rejoindre la plage de Klissidi à pied depuis le port ne serait pas des plus agréables, alors nous reprenons le scooter sur un petit kilomètre jusqu'à Klissidi-même où nous pouvons nous garer à l'ombre.












Quelques tavernes surplombent cette baie pleine de charme, un peu de végétation agrémente l'arrière plan (palmiers, genévriers, eucalyptus, tamaris...) , ainsi que la petite chapelle Agios Anthanasios.




























Le sentier prend ensuite un peu de hauteur en s'éloignant de la mer et nous rejoignons le sentier marqué "1" sur la carte.









Au passage, petit site sympa pour préparer ses balades et son séjour sur l'île, en complément de la carte : http://anafi.gr/en/explore/walking-anafi/




Notre itinéraire surligné en jaune

Katsouni 


Plus loin s'étend la belle baie de Katsouni, jumelle débonnaire et libertaire de la familiale Klissidi, comme en témoigne effigie du Ché et les tentes des "campeurs sauvages" et nudistes installés sous les tamaris.













Mais c'est cet air qui souffle sur l'île : un parfum de liberté et de lâcher prise au tournant de chaque virage, de chaque sentier, dans un éternel parfum de sauge et d'herbes brûlées par la chaleur de l'été.







Roukounas


Le sentier côtier serpente dans la rocaille et relie les différentes baies, dévalant parfois dans de minces vallons verdoyants et leurs rus presque asséchés encombrés de roseaux, comme autant d'oueds et d'oasis nord-africains, paysages nous rappelant aussi ceux du sud de la Crète.








Nous atteignons le hameau endormi de Roukounas qui aurait parfaitement sa place dans un western contemporain puis traversons une vallée verte plantée de figuiers de barbarie et surplombée de plusieurs chapelles minuscules.




























La présence de nombreuses ruches nous indique que l'apiculture occupe une place centrale dans les activités de l'île. Quelques modestes vignes agrémentent le paysage et alimentent l'île en Retsina local.





















Nous rejoignons à nouveau la mer et arrivons en surplomb de plusieurs criques de rêve, leurs eaux cristallines nous happent. Nous sommes seuls pendant une heure et demie à profiter de ce cadre idyllique. Comme souvent dans les Cyclades l'eau est assez fraîche, juste ce qu'il faut pour nous faire oublier la chaleur de notre petit coin à l'abri du vent marin.
La silhouette du Mont Kalamos occupe l'arrière-plan de son éternelle omniprésence.
Les images se suffisent ) elles-mêmes.




































Nous poursuivons jusqu'à la baie de Megalos Roukounas, qui ressemble à Katsouni, plus large mais tout aussi bohème. Nous la longeons les pieds dans le sable et identifions sans mal la taverne repérée au préalable, légèrement en retrait du bord de mer.



















La taverne Roukounas


Roukounas Taverna


Tiraillés par la faim, il est plus de 15h30 lorsque l'on s'installe tranquillement à une table. Il n'a pas fallu longtemps pour que l'on passe à l'heure grecque, mieux encore à l'heure d'Anafi. Accueil jeune, mode baba-cool côté personnel  comme côté clients, le repas est simple et pas cher, une cuisine traditionnelle et familiale à choisir sur les présentoirs en cuisine, et la bière et l'Ouzo sont bien frais (repas complet pour 31€).












Repus nous poursuivons la balade sur quelques centaines de mètres jusqu'au lieu-dit Katalimatsa, histoire d'admirer le beau point de vue sur les mini criques rocheuses et sablonneuses en contrebas, puis nous entamons le chemin retour.













Nous suivons le sentier marqué 1 en nous éloignant légèrement de la mer. Le paysage s'adoucit (tout est relatif) avec cette belle lumière de fin de journée. hauteurs de Roukounas, nous passons plusieurs jolies chapelles et ruines de hameaux anciens et sommes de retour au scooter vers 18h.






































Cérémonie de la Panagia Kalamiotissa au monastère Zoodochos Pigi


Nous ne perdons pas de temps car nous avons un objectif majeur ce soir.
Notre douche prise nous sautons sur notre scooter et enchaînons vers l'Est les courbes et virages pendant les 9 kilomètres qui nous séparent du monastère tandis que le Mont Kamalos émerge majestueusement de l'eau bleu outremer...








Toute l'île est aujourd'hui en fête car a lieu la grande célébration annuelle (chaque 7 septembre) de la Panagia Kalamiotissa qui rassemble en un grand pèlerinage l'intégralité des 280 habitants de l'île mais aussi leurs familles venues d'Athènes et des îles voisines.
A cette occasion les pèlerins se rassemblent en de longues séquences de rituels religieux et le point culminant de l’événement est atteint lorsque les religieux transportent l'icône de la vierge Marie (Panagia) du monastère jusqu'à la chapelle Panagia Kalamiotissa située au sommet du Mont Kalamos (rien que ça !).








Les cérémonies s'enchaînent alors toute la nuit du 7 au 8 septembre, et le lendemain les habitants partagent un repas qui clôt la fête. Auparavant les pèlerins montaient tous à la chapelle, mais le chemin était tellement dangereux (étroit et abrupt à flanc de falaise, on en fera l'expérience dans deux jours) surtout de nuit, que les "autorités" ont décidé de calmer la ferveur des dévots. 








Les pèlerins, la plupart très apprêtés (on ne rigole pas avec le sacré, en Grèce), continuent à arriver lorsque nous nous joignons à la foule.
Le monastère Zoodochos Pigi ("source de vie") est un bel ensemble dont la construction remonte à 1830. Les pèlerins sont regroupés sur l'esplanade centrale alors que la cérémonie va bon train. Nous ne comprenons pas grand chose à ce qu'il se passe et surtout à ce qu'il se dit, mais la ferveur est palpable et l'attention de la foule est focalisée sur les litanies religieuses, parfois répétées à l'unisson. Le doyen et vénérable et pope, entouré de ses jeunes coreligionnaires, semble forcer le respect.














Contents de pouvoir profiter de cet événement authentique, nous assistons ainsi à la cérémonie pendant un long moment jusqu'à ce que la nuit tombe et le monastère s'illumine, puis reprenons la route jusqu'à Chora dans la fraîcheur de l'air du soir. Brrrrrrr...... !













Dîner à la taverne To Steki


Vers 20h30 nous sillonnons à nouveau les ruelles de Chora et gagnons le restaurant To Steki, encore bien vide, où nous nous régalons de fava, tsatsiki, veau à la tomate et poulpe grillé, le tout arrosé d'une carafe de vin d'Anafi.




Purée de fava, simple et tellement mythique...!


C'est bon, familial et pas cher, parfait pour ce soir ! Plus tard les familles de retour du monastère commencent à investir les tables et mettent un peu d'ambiance.
Mais nous sommes fatigués de cette belle première journée de découverte et, les jambes lourdes (effet cumulé du retsiné ?) nous regagnons notre studio pour une bonne nuit réparatrice.


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Chora by night