Birmanie - jour 17 : Mrauk-U - sur la rivière Lemro vers les villages Chin


Samedi 27 janvier

  • Lever de soleil depuis la pagode Shwetaung
  • Départ pour les villages Chin
  • Sur la rivière Lemro, premier arrêt au marché
  • Village de Kainchaung 
  • Village de Chechaung
  • Retour au Prince Hotel et dîner 







Ce matin le réveil nous lève peu après 5h. Dur dur... Nous partons à jeun en direction de la colline située juste au dessus du Prince hotel au sommet de laquelle se trouve une pagode dorée, Shewtaung, un bon spot pour les levers de soleil.


Lever de soleil depuis la pagode Shwetaung


Après quelques hésitations dans la nuit noire et avec l'aide d'un moine aussi matinal que nous, nous trouvons le sentier qui grimpe dans les broussailles, éclairés de nos lampes torches.
Le sommet de la pagode est éclairé ce qui nous donnne un bon point de repère.
Nous patientons un moment (un peu trop d'avance sur le soleil !) et l'aube commence à poindre vers 6h15.






Nous restons environ une heure à admirer ces belles couleurs, le ciel changeant, les nappes de brume et de fumerolles créant une ambiance magique et changeante.
Les  petites collines et leurs stupas émergent progressivement au chant des oiseaux. A nos pieds les villages prennent vie.



























Vers 7h15 nous sommes de retour à l'hôtel et après un copieux petit déjeuner nous partons pour un premier tronçon en voiture afin de rejoindre la rivière Lemro.
Notre "guide" (il sera toutefois plus accompagnateur que guide) est un des jeunes qui gère le Prince Hotel.


Départ pour les villages Chin


Nous avons beaucoup hésité à faire cette excursion, les avis étant particulièrement contrastés : voyeurisme ? Curiosité indécente ? Début d'immersion dans la vie de cette communauté Chin qui vit dans une telle précarité, dans ces villages reculés ? Fausse authenticité ? 
Pour le savoir autant voir par nous-mêmes. Nous avons fait le choix d'être seuls avec notre guide et de visiter les villages les plus éloignés donc les moins visités/touristiques, en payant aussi plus cher. Gageons que nous aurons ainsi fait le bon choix.

Nous nous arrêterons à un premier village (pas particulièrement "Chin"), touristique et commerçant, simplement pour acheter quelques produits de première nécessité à offrir dans les villages Chin. C'est mieux que le concept "Kyats VS photos", et plus équitable sûrement. Les gens nous accueillent dans leur lieu de vie, il convient de les en remercier utilement.

La première demi-heure se fait donc en voiture sur une longue ligne droite défoncée et en travaux, bordée de campements montés par les populations venues travailler sur le chantier. Ces galériens des routes, qui brisent à coup de masse et trient la caillasse venue des carrières et des rivières, respirent la poussière à longueur de journée, bitument la route sous un soleil brûlant. Ils sont des centaines.


Sur la rivière Lemro, premier arrêt au marché 


Nous atteignons la rivière Lemro très large à cet endroit et montons dans une barque bien équipée et protégée du soleil.
La première partie du trajet est longue, monotone mais paisible. Nous croisons des bateaux qui draguent la rivière, comme sur la Thanlwin.












Nous empruntons un bras un peu plus étroit aux eaux peu profondes et arrivons au fameux premier village où se situe le marché et les commerces.
Assistés de notre guide nous faisons le plein de cahiers, crayons, savons, bougies, et paracétamol à distribuer dans les villages au cours de nos visites.
Nous repartons un peu après 9h30.













Sur la rivière les activités se résument à un peu de pêche, mais surtout à la collecte de pierres et galets qui sont ensuite transportés en aval pour les chantiers.
Nous croisons également quelques bateaux transportant du bois ou d'imposants chargements de bambous.
















Après 2h de navigation nous arrivons sur un tronçon beaucoup plus étroit avec les monts de l'état Chin en arrière-plan.
Nous passons un premier village Chin, puis un second, à en juger les quelques barques pour touristes.
La rivière est vraiment basse à cette saison, aussi par endroit les habitants se sont installés dans son lit sur les terre-plains libérés par les eaux.
Les rives, fertiles, sont majoritairement consacrées aux cultures (haricots, lentilles, tomates, potirons...).
















Vers 12h15 nous arrivons à notre première destination.


Village de Kainchaung 


Nous commençons par manger (le casse-croûte est fourni par notre guide) puis partons balader une petite heure dans le ce village nommé Kainchaung.

Au bord de l'eau quelques villageois sont en train d'assembler ces incroyables chargement de bambous. Notre guide nous explique qu'il faut jusqu'à 2 semaines pour réaliser le trajet qui les séparent de la première ville où ils peuvent vendre leur cargaison (3 jours pour remonter, à contre-courant, une fois la marchandise écoulée).











A l'abri de la crue de la rivière, donc sur les hauteurs, le village compte environ deux cents habitants. Nous sommes frappés par le nombre d'enfants. Chaque couple peut avoir jusqu'à 8 ou 9 enfants. Les époux sont mariés très tôt, vers 16 ou 17 ans, donc ils ont leur premier enfant très tôt également.











Nous serpentons entre les maisons rapidement entourés d'une nuée d'enfants tout sourire. Cela fait bien plaisir après les contacts abrupts de la veille à Mrauk-U. Nous nous arrêtons pour distribuer une partie des cahiers et crayons à une jeune dame qui se chargera de les remettre à l'institutrice. Les enfants n'ont pas classe le samedi.











Les maisons, très belles, sont quasiment toutes construites en bambou, à l'ombre de grands arbres et de cocotiers le long d'allées poussiéreuses et sablonneuses, à flanc de colline.
Le dénuement dans lequel vivent les habitants est touchant, encore accentué par la présence de tous ces enfants jouant dans la terre et la poussière.























Nous croisons une première femme tatouée, chargée d'un énorme bambou posé sur son épaule . Après qu'elle nous ait donné son accord, je la photographie et elle paraît ravie.


























Plus loin à l'ombre d'une maison nous nous avançons précédés par notre guide pour découvrir deux  dames, elles aussi le visage couvert de tatouages. L'une d'elle est l'une des plus âgées - entre 103 et 104 ans, sûrement la plus âgée des femmes tatouées, témoins vivants de cette tradition auto-protectrice. Nous sommes fascinés par ces traces qui en disent long sur l'âpreté d'une vie qui s'achève.







En effet à l'origine les femmes commencèrent à se tatouer entièrement le visage pour se rendre hideuses aux yeux des vagues d'envahisseurs, les troupes des rois Birmans, qui les capturaient comme esclaves pour en faire leurs amantes, les marier de force et abuser d'elles. Ce sont les femmes les plus âgées qui tatouaient les autres dès leur plus jeune âge, avec des pointes de bambous.
Une certaine forme de tradition s'est perpétuée, jusqu'à ce que le gouvernement n'interdise la pratique en 1962.
Quoi qu'il en soit, compte-tenu de la signification de ces tatouages, plus aucune femme ne s'y soumet.
Nous offrons savons et médicaments aux vieilles dames. Elles nous serrent les mains avec chaleur. Touchant. Saisissant. La vieille femme... Je garderai  longtemps dans la mémoire de ma main la trace de la sienne, sèche, noueuse, osseuse.







Nous quittons ce premier village pour rejoindre celui de Chechaung situé une dizaine de minutes en amont. 

















Village de Chechaung 


Celui-ci est plus petit en compte moins d'habitants  (plus ou moins 150) mais il est disposé selon la même configuration. Les quelques allées sont un peu plus escarpées.
En haut du village nous sommes cette fois accueillis par 2 femmes tatouées et un vieux monsieur qui tresse des plateaux en bambou destinés au triage du riz.























Elles nous offrent du thé et nous montrent bien quelques bracelets de perles quelles proposent à la vente, mais elles n'insistent pas voyant que l'on est venus les bras chargés. En quelques minutes, il semble que tout le village se soit réunis autour de nous. Il règne une bonne ambiance. Sourires et rires même lorsque l'une des dames veut me faire goûter sa préparation de bétel !































Nous restons un moment à profiter de l'instant. Nous sommes les seuls étrangers dans ce village également. 
Cette ambiance, cette simplicité, cet accueil nous paraissent des plus sincères. Éclats de rire lorsque je prête mon appareil photos à l'une des gamines. Bon il fallait s'en douter mais c'est plutôt nous qu'elle prend en photo.
























Moment très sympa dans cette environnement paisible. Nous distribuons l'autre moitié des cahiers, crayons, médicaments, savons...
Lorsque nous partons tout le monde nous salue avec inclinaison et chaleur. 
Sentiment de ne pas être passés à côté de l'instant.















Retour au Prince Hotel


Nous quittons le village peu après 15h et faisons le trajet vers l'aval de la rivière, pour rejoindre notre point d'arrivée que nous atteignons un peu plus de deux heures après.
Tout au long du trajet, nous contemplons de loin le rivage s'animer, les habitants profitent de la fin de journée pour s'adonner aux tâches ménagères et se laver dans la rivière.








































Arrivés plus en amont de la rivière par rapport à notre point de départ ce matin, nous n'empruntons pas la même route, plutôt une piste sur laquelle un 4x4 aurait été bien à l'aise.

Nous sommes de retour vers 18h à l'hôtel. Temps de repos, apéro, discussions et repas, puis préparation des sacs pour demain matin : nous prenons le bateau pour Sittwe à 7h, et de là un avion nous mènera vers Ngapali, quelques centaines de kilomètres plus au sud sur les rivages lumineux du golfe du Bengale.


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