Philippines - jour 16 : Archipel de Linapacan - rencontres du bout du monde [Expé #3]


Lundi 26 mars


  • Manlihan Island : balade et snorkeling
  • Lacalaca Island (lunch)
  • Cagdanao Island : balade et snorkeling
  • Inapupuan : rencontre avec les habitants, balade dans le village, sur la plage avec les enfants
  • Nuit sur Inapupuan




Inapupuan - Linapacan




Troisième jour de notre expédition en Bangka. Le dos est un peu plus raide que la veille, mais la vue depuis notre tente au petit matin nous fait toujours autant oublier ces petites douleurs. Les mouches des sables sont toujours présentes, quoi que moins virulentes que hier soir au coucher de soleil.
Notre capitaine est resté dormir sur le bateau, aussi le reste de l'équipage s'active pour plier le camp et le rejoindre pour préparer le petit déjeuner. De notre côté nous nous débarbouillons et mettons un peu d'ordre dans nos sacs et nos affaires de nuit, puis nous entrons dans l'eau jusqu'à la taille pour atteindre le bateau.
Les garçons ont préparé le petit déjeuner, l'eau bout pour le café en sachet, les œufs et le riz frémissent sur le réchaud. Nous mangeons donc sur la bangka plutôt que sur la plage, pour éviter les attaques des sandflies dont les piqûres commencent à faire leur effet...

Le programme du jour consiste en la poursuite de la découverte de l'archipel de Linapacan (nous contournons à un rythme paisible l'île principale en nous dirigeant vers le nord-est), nouvelle journée au cœur de cet éblouissant archipel, pur et sauvage.


Carte de cette troisième journée d'expédition : 







Nous quittons donc notre île déserte pour voguer vers d'autres paradis...



Manlihan Island



Un premier temps de navigation nous ramène au sud-est à proximité de Linapacan (la "grande" île qui donne son nom à l'archipel). Ici s'égraine un capelet d'îlots de rêve tel celui de Manlihan que nous atteignons en une trentaine de minutes.

Nous sommes seuls. Nous sautons dans l'eau en emportant quelques affaires et le matériel photo avec nous, le tout protégé par nos sacs étanches et "emballé" dans deux gilets de sauvetage. Nous parcourons ainsi à la nage les quelques dizaines de mètres qui nous séparent de la plage.























D'un relief assez bas, la pointe Est de l'île se termine par une large langue de sable et quelques récifs rocheux. Le sable est blanc, décoré de coquillages et de morceaux de corail, et l'eau est d'une pureté dingue. Nous marchons un moment, nous baignons par-ci par-là, au gré de nos envies.













































Nous laissons nos affaires à l'ombre sur la plage et partons avec nos masques et tubas pour une longue séquence de snorkeling. On en prend plein les yeux.






















































































Lacalaca island


En fin de matinée nous repartons pour quelques petits miles et approchons de l'îlot de Lacalaca situé un tout petit peu plus au Nord, confetti de verdure entouré de sable et d'un joli lagon...
Les couleurs sont incroyables. Nous en faisons le tour en bateau et notre équipage nous prépare le lunch de midi. On se repose, on se laisse bercer, on profite...


















Sculpture sur concombre - Merci Marvin !

















Cagdanao Island


Nouvelle étape un peu plus au Nord face à Linapacan, l'île principale : un nouvel îlet, à peine plus grand que le précédent. Nous pensions avoir vu le plus beau, mais non, le lagon de Cagdanao tutoie de nouveaux sommets... Nous sommes quasiment seuls, une seconde banka avec quatre voyageurs nous accompagne mais nous les laissons à bonne distance.

















La frange nord de l'île est la plus spectaculaire. Le soleil de midi apporte une transparence inégalée à la mer qui se fond en dégradés infinis de bleus jusqu'à Linapacan la grande.































Evidemment comment résister : nous plongeons dans l'eau chaude pour frayer avec les poissons...








































Nous quittons à regret cette perle de la Mer de Chine pour une heure de navigation : notre trajet contourne Linapacan, que nous laissons derrière nous en direction du nord-est. Ces courtes périodes de navigation sont si agréables, nous nous laissons porter tandis que Marvin et notre fine équipe font la sieste à l'avant de la Bangka.

















Inapupuan


Plus loin se dessine une île un peu plus grande, au relief un peu plus marqué. Nous nous en approchons. Sur la gauche quelques rochers déposés sur le sable, sur la droite un village et des pêcheurs qui ramènent leurs bangkas sur le sable.





Inapupuan
























C'est sur cette île que nous passerons la dernière nuit de notre expédition. Et on en est ravis !
A peine déposés sur le sable, nous gagnons une cabane en bambous où nous sommes rapidement entourés par une partie des enfants du village. Ils se passent le mot et le groupe s’agrandit. Ils nous donnent les quelques mots d'anglais qu'ils connaissent et Marvin joue l'interprète. Ils sont vraiment adorables, aussi nous profitons de l'instant pour leur offrir quelques clichés avec l'Instax : ils veulent tous leur photo ! Nous passons un moment à rire avec eux, entourés de ces sourires et de cette bonne humeur, de cette vie qui contraste avec les quarante-huit dernières heures en solitaire dans l'archipel. Ce sont surtout les filles qui sont présentes, les garçons semblent plus timides et restent entre eux.






































Balade dans le village


Marvin nous propose d'aller balader dans le village, l'occasion de faire quelques courses et d'acheter un coq pour le repas du soir, et évidemment nous le suivons accompagnés par cette ribambelle d'enfants qui semble grandir de minute en minute.


































Nous découvrons ici une vie simple, en symbiose avec la nature et cet environnement maritime, omniprésent. Les habitants sont dépendants des ressources de l'île et de l'état de la mer. Lorsqu'elle est agitée, ils peuvent rester plusieurs jours sans pouvoir quitter l'île et les enfants ne vont alors pas à l'école qui se situe sur Linapacan, de l'autre côté de la large passe. Une vie à la fois douce et rude, où le temps semble s'écouler à une échelle bien différente de la notre, les sourires des habitants nous laissent penser qu'ils n'y sont pas malheureux bien que la pauvreté soit présente.

















































Nous nous baladons dans les allées sablonneuses bordées de cases en bambou et en nipa, qui nous semblent bien fragiles et exposées aux éléments. Quelques unes des jeunes filles sont particulièrement attachantes, elles restent auprès de nous et nous suivent de maison en maison. Le jeu des photos est facile, les visages sont fins, magnifiques, et les regards profonds. Et puis elles aiment particulièrement prendre la pose, stars internationales d'un instant, de notre instant, immortalisées dans la mémoire des pixels et surtout dans la notre.

















Le village est très animé, plusieurs dizaines d'enfants et leurs parents sont réunis sur ce qui semble être la place du village, à l'ombre d'un large acacia. Notre capitaine distribue des gâteaux achetés dans la petite épicerie du village et réalise quelques tours de carte qui les amusent beaucoup.








































































Plus tard c'est une autre attraction : un couple de marchands ambulants arrivé par la mer présente tissus et toiles cirées qui semblent beaucoup plaire à ces dames, tandis que les messieurs sont plus intéressés par de larges bâches, toujours utiles pour protéger maisons et bateaux.










Nous restons un bon moment à profiter de cette animation avant de rejoindre la plage.









Nos compagnons restent en arrière tandis que nous allons faire une balade sur la plage et que notre équipage prépare le campement à côté du village. Pause tranquille, les pieds dans l'eau, à savourer le moment, pour nous qui adorons ces rencontres faites de spontanéité et de simplicité.

































Jeux de plage et de lumière


Nous revenons à proximité du village alors que le soleil baisse. Nous nous asseyons sur le sable pour profiter de cette belle lumière et sommes rejoints par notre petit groupe de filles du départ, tandis que les garçons jouent au foot. Elles nous entourent de leurs sourires, s'assoient à nos côtés, nous touchent les mains, les jambes, nous caressent la tête, si tactiles et déjà maternelles.










"Vous aimez chanter ? "Nous on adore chanter !" 
Le groupe de filles se transforme en chorale, nous avons droit à tout le répertoire enseigné à l'école et dans la petite église sur village. Elles dansent, chantent à tue-tête de leurs voix aiguës, presque stridentes, les chorégraphies s’enchaînent dans la bonne humeur et les rires tandis qu'elles nous prennent les mains pour nous entraîner avec elles.


































































La lumière si belle, le moment magnifique. Je leur propose de les photographier à nouveau, l'une après l'autre, elles adorent se prêter au jeu. Quelques unes des aînées, plus timides et non moins curieuses, nous ont rejoints également et souhaitent profiter de cette mise en lumière. Une galerie de portraits magnifiques, une série de visages et de belles âmes dont on emportera les regards et le souvenir avec nous.

Licapacan est alors le centre du monde.





























































































"Vous aimez jouer ? Nous on adore jouer !"
L'appareil photo est confié à l'un de nos "marins" qui nous propose de prendre le relais.
Les enfants nous entraînent alors dans une grande farandole de joie au soleil couchant : il faut chanter, tourner, partir en file indienne, s'attraper, courir, tomber, se relever, rire, danser... Quel beau moment !





































C'est émouvant de terminer ainsi cette dernière journée : assis sur le sable, entourés de cette chaleur, de ces enfants tellement proches de nous, touchants et si affectueux. Même entre eux ils sont très proches, toujours collés l'un à l'autre, esprit grégaire et solidaire, comme s'il fallait serrer les rangs pour mieux faire face à la précarité de cette vie loin du "monde moderne".






































Le soleil se couche, les enfants regagnent leurs maisons les uns après les autres, et nous nous regroupons à l'abri de la petite case en bambou sur la plage.
Marvin prépare le repas et le reste de l'équipe finalise le campement. Nos deux tentes ont été installées, et le capitaine dormira cette nuit encore sur le bateau.
Nous buvons quelques bières achetées au village et mangeons tous ensemble dans une ambiance détendue et calme. Je reste un moment discuter avec Marvin.

Une nouvelle fois ce soir nous bénissons le dieu des lingettes qui nous permet de nous coucher dessalés, la peau plus douce et parfumée.

Aujourd'hui Linapacan nous a ouvert son cœur, et nous le lui avons bien rendu.
Nous nous endormons, les pensées divaguent, de l'éblouissement des lagons d'eau pure aux regards d'ébène et tendres des enfants d'Inapupuan...



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