Birmanie - jour 9 : Lac Inle - Pêcheurs, stupas et artisans


Vendredi 20 janvier


  • Sur le lac avec les pêcheurs
  • InDein et feu d'artifice de stupas
  • Atelier d'orfèvrerie d'Ywama
  • Village de pêcheurs de Thar Lay
  • Fabrique de cheroots
  • Atelier de tissage de soie et lotus à Inn Paw Khone
  • Atelier des forgerons de Seinkaung
  • Jardins flottants de Kela - Thale U
  • Coucher de soleil avec les pêcheurs au milieu du lac
  • Dîner au Paw Paw restaurant








Lever un peu plus tardif, tout de même vers 7h15. Notre journée s'annonce dense, mais nous n'avons pas envie de courir et surtout nous voulons avoir un coup d'avance sur les autres visiteurs, notamment à InDein qui attire beaucoup de monde.

Nous rejoignons Aung Myo Chit vers 8h, qui nous attend devant l'Aquarius Inn, puis comme la veille nous filons jusqu'à l'embarcadère et remontons le canal jusqu'au lac.
La lumière est encore une fois magnifique, une belle journée s'annonce.






Sur le lac avec les pêcheurs


Notre batelier prend vers la droite et nous rapproche de la rive ouest du lac, pour nous offrir, spectacle magique et hélas devenu rare sur le lac, une rencontre avec les fameux pêcheurs.

Les pêcheurs pratiquent deux techniques dans cette région.
La première se pratique seul, perché à la pointe d'une pirogue étroite et très plate. Le pêcheur se tient debout et avance doucement au fil de l'eau en balançant l'un de ses pieds enroulé autour d'une rame. Cette technique lui laisse les mains libres pour manipuler son filet. 
Une fois le filet posé, le pêcheur tape violemment sur l'eau avec sa rame pour chasser les poissons vers le piège.
La très grande majorité pêche selon cette technique.










La seconde technique est la plus authentique et spectaculaire. C'est elle qui a fait la renommée des pêcheurs du lac. Hélas le poisson se fait rare et ces derniers ont conclus qu'ils tireraient de meilleurs revenus en posant pour les touristes qu'en vendant leur pêche sur les marchés... Aussi les "vrais" pêcheurs du Lac Inle ont presque disparu au profit des pêcheurs d'opérette, reconnaissable à leur tenue d'apparat, leur sourire de circonstance et simagrées en tout genre. Doit-on leur en vouloir ? Bien sûr que non, c'est un cercle vicieux.

Mais en prenant les voies de traverse, tôt le matin, entre ciel et eau la magie opère encore. Pour de vrai. Gestes amples et souples, dans la douceur et sans bruit, échange de sourires timides et bienveillants, on se laisse envahir par l'émotion de l'un de ces moments rares qui remboursent à eux seul le voyage...






Le pêcheur repère les poissons, plonge sa nasse conique dans l'eau, puis avec un long bâton il agite  le fond de l'eau et force les poissons à entrer dans la nasse . Ensuite il relâche le filet pour emprisonner ses proies.
Pas de pose spectaculaire, pas de questions d'argent. On passe un moment simple, à ses côtés, en respectant le silence et une distance de sécurité suffisante pour ne pas le gêner, ne pas faire fuir les poissons. Ni Aung, ni notre batelier ne cherche à en faire trop, et c'est très bien comme cela.







Le ramassage des algues est aussi une activité très pratiquée, nettoyage des cultures et du lac étouffé par les jacinthes et la végétation, par la pollution des bateaux à moteur.









Nous continuons vers le sud, toujours par la rive ouest. Notre batelier quitte la zone principale pour s'enfoncer dans les canaux qui desservent les villages. Nous croisons des habitants, des familles en route vers la ville, des convoyeurs de bambous...
















InDein et feu d'artifice de stûpas


Après 45 minutes environ nous parvenons au village d'InDein, à l’extrême sud-ouest du lac, très réputé mais suffisamment éloigné pour que nous y soyons encore tranquilles à cette heure.
Il y a donc encore peu de monde lors que nous débarquons, mais il est aisé de constater que l'ambiance du village oscille entre tourisme "de masse" et tradition. 
Les femmes déguisées en Pa-O attirent le chaland pour vendre toutes sortes de tissus pseudo-traditionnels. Nous évitons.












Plutôt que rejoindre le site principal des stupas par le long tunnel de 800m bordé de stands pour touristes (une horreur), nous prenons d'agréables sentiers à gauche qui nous mènent aux premiers ensembles de stupas - les plus anciens - envahis par la végétation.





























C'est superbe. La construction des plus anciens remonte au 17ème s. C'est à la fois simple, mystique et poétique, il y a peu de mots pour décrire l'endroit, laissons parler les images.
Nous sommes quasiment seuls !





















Plusieurs terrasses se succèdent, des dizaines de stupas s'alignent, du plus vénérable et décrépi au plus récemment rénové. Des donateurs financent ces rénovations et ont droit à leur petit panonceau en guise d'hommage. Les bouddhas jouent à cache-cache, assis dans les différentes niches.



















Un vrai festival de couleurs, un feu d'artifice de stupas qui jaillit dans le ciel bleu. Les teintes traditionnelles sont le blanc, le rouge brique et le doré.
La partie réservée au monastère se trouve dans la zone la plus élevée du site.
On rencontre une famille... de chiens, une récente portée trop mignonne.



























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Pour une fois, il n'y en a pas que pour les chats


Dans cette ambiance paisible et encore préservée, nous quittons le site. Le nombre de barques a décuplé depuis notre arrivée, il est temps d'y aller.
Nous reprenons les canaux pour rejoindre le village de Ywama où se situent les ateliers d'orfèvrerie.











Ateliers d'orfèvrerie et d'argenterie d'Ywama


Nous sommes accueillis avec déférence, et une jeune fille, qui est aussi vendeuse, nous fait la visite.
L'atelier Shwe War Win est situé un peu en arrière du village, dans une maison immense sur pilotis. Les familles vivent sur place ou dans le village.
Les travaux d'orfèvrerie sont principalement réalisés par des hommes assez jeunes. Les jeunes filles sont essentiellement assignées aux fonctions de guide et vendeuse.


















De très nombreux objets sont ici fabriqués de façon traditionnelle, et la visite s'avère vraiment intéressante. Bracelets, colliers, boucles d'oreille, poissons articulés, argenterie variée, décorations diverses... Il y en a pour tous les goûts et la production semble de qualité.
Le travail est extrêmement précis, minutieux, la moindre petite pièce s'obtient au prix de nombreuses et longues heures de travail. Les prix de vente s'en ressentent, mais quoi de plus normal. On craque pour un joli bracelet, pour la famille.



















Village de pêcheurs de Thar Lay


Nous poursuivons notre balade sur le lac par le village de pêcheur de Thar Lay, un peu plus au sud.
Encore de très belles maisons. Le village semble assoupi, dans la chaleur de cette belle journée.







Au fond, un des grands hôtels de luxe qui bordent les rives du lac























Il est presque 13h30 quand nous arrivons pour déjeuner au restaurant Shwe Kyar Pwint, non loin de Nampan, doté d'une immense terrasse au dessus des flots. En me lavant les mains, je constate que l'évacuation sous le lavabo est un leurre, puisque l'eau sale coule directement dans le lac. Evidemment. Les tâches d'huile qui brillent sur l'eau nous ramène à certaines réalités.
Repas correct pour pas bien cher, là encore. Et une très bonne salade d'aubergines.






L'étape suivante est un grand classique des visites sur le lac. Aung voulait que nous la réalisions avant déjeuner, mais constatant le nombre de bateaux stationnés, il s'était ravisé.
Bien lui en a pris, il n'y a plus personne lorsque nous faisons halte à la fabrique de cheroots.



Pour les cheroots, c'est ici


Fabrique de cheroots


Alors là, ça ne plaisante pas. Les femmes travaillent en rythme, à grand rythme, à la confection de ces célèbres cigares birmans. Dextérité, rapidité d'exécution, assis sur de petits tabourets nous regardons fascinés ces femmes à l'ouvrage. La feuille de tabac est garnie de tabac haché/broyé puis roulée, collée, pliée/découpée à chaque extrémité pour la finition, et le cigare ainsi obtenu est cerclé d'un anneau de papier au logo de la fabrique.










Payées à la pièce, chaque ouvrière peut réaliser jusqu'à 800 cigares dans la journée. Nous faisons une dégustation des différentes variétés, et notamment des différentes saveurs obtenues par macération du tabac dans des liquides naturellement parfumés à la cannelle, à l'anis, au miel...
Les cigares sont mis en sachet ou rassemblés en fagotin, puis vendus.










On achète quelques paquets (ce sera pas mal pour déguster avec notre alcool de riz acheté hier à Sankar, on pense toujours à notre terrasse de Ngapali !), et on est repartis.


Atelier de tissage de soie et lotus - Inn Paw Khone


Toujours plein sud, nous arrivons à Inn Paw Khone où notre batelier nous arrête à l'atelier de tissage de la soie et de la fibre de lotus.
Ici la fabrique est composée de maisons mitoyennes en bois sur 2 à 3 niveaux, où sont réunies plusieurs générations d'ouvriers.














Nous sommes particulièrement impressionnés par cette femme qui extrait la fibre de lotus. Les gestes, précis et rapides, paraissent ainsi répétés depuis des siècles, inlassablement. La tige est brisée, la fibre étirée et mise en bobine.










La soie provient, elle, majoritairement de Chine.
Chacun est assigné à une tâche précise. Nettoyage des fibres, filage, teinture, séchage, mise en bobine (cadette), puis tissage sur de grands métiers en bois selon différents types d'armure, en fonction de la qualité ou des motifs souhaités.













La moindre écharpe à base de fibre de lotus est hors de prix, rien d'étonnant quand on sait qu'elle requiert environ un mois de travail.
Jolie visite.


Atelier des forgerons de Seinkaung


Avant de reprendre une balade plus "nature", nous faisons un dernier arrêt à l'atelier des forgerons situé dans le village de Seinkaung, non loin.
Plusieurs familles sont ici réunies, dans la poussière de la terre, des métaux et du charbon de bois.
Toutes sortes d'objets sont confectionnés : couteaux de dimension et formée variées, sabres, haches, machettes, ciseaux, pinces... ainsi que de nombreux outils dédiés aux activités agricoles : serpes, faux, faucilles, fourches, socs de charrue... Egalement de petits objets plus décoratifs, à destination des touristes.
Tout est fait à la main, à la force des bras, à la chaleur du feu et de la forge, au bruit et au choc assourdissant du métal sur l'enclume. De vieux rails usagés, en acier, sont récupérés et servent de matière première.










Nous quittons le bruit pour la sérénité des jardins flottants de Kela.


Jardins flottants de Kela - Thale U


Notre barque chemine maintenant dans d'étroits canaux bordés de verdure où nous découvrons une technique agricole insolite et traditionnelle. Les Inthas ont conçu de vastes potagers extrêmement fertiles à la surface du lac. Des amas d'algues sont progressivement formés, accrochés à des poteaux de bambou plantés au fond du lac, à 2-3 mètres de profondeur. Ces masses d'algues finissent par créer une couche épaisse qui sert de substrat où sont repiqués les semis d'une grande variété de fleurs, fruits, légumes : tomates, aubergines, courgettes, haricots, ... 
La production y est désormais intensive, et malheureusement la chimie s'invite au jeu. Messieurs Monsanto et Bayer doivent se réjouir de l'ignorance des cultivateurs birmans.


















Malgré cette pensée, cheminer ici est empli de charme, et la lumière dorée de cette fin de journée apporte un supplément de sérénité propice à la contemplation. Mais Aung et notre batelier, après avoir testé plusieurs coins, se sont mis en tête de nous débarquer sur une des bandes de jardin flottant. On aime le concept, alors on joue le jeu, on se déchausse, et hop !










Drôle de sensation que marcher sur cette surface spongieuse. Il faut constamment changer de place, sinon on s'enfonce progressivement. Pour donner une idée, c'est un peu comme marcher sur un épais matelas gonflable moyennement gonflé, sauf qu'ici on a les pieds dans l'eau et le nez pris par l'odeur de terre.






Coucher de soleil avec les pêcheurs au milieu du lac


Comme vous le voyez, le soleil nous fait de l’œil. Et nos accompagnateurs tiennent à nous offrir un dernier spectacle sur ce lac incroyable.
Notre batelier rejoint un groupe pêcheurs rassemblés au milieu du lac. En cette fin de journée, les paniers sont à nouveau remplis. Ça discute, ça achète et ça vend, ça rigole, les pêcheurs se succèdent dans une belle ambiance. Notre batelier connaît visiblement la petite troupe.





































Votre serviteur, en plein action

Nous sommes plongés dans cette réalité alors que le soleil se couche.  Aung et notre batelier ont le sourire, notre guide prend même quelques des photos, lui aussi. Franchement, pouvait-on faire mieux pour ce dernier soir sur le lac ?








































Derniers rayons de soleil, et puis s'en vont...










Nous sommes revenus à Nyaung Shwe vers 18h30. Nous saluons avec chaleur notre batelier et Aung fait un bout de chemin avec nous comme hier, jusqu'à l'Aquarius Inn. Nous discutons un moment puis nous nous séparons, émus et ravis d'avoir vécu ces deux jours d'expérience sur le Lac Inle avec lui, d'en avoir profité pleinement et à notre manière, à notre rythme, grâce à lui.
Encore une fois, nous recommandons vivement le recours à Htein Linn, de l'agence Golden Bowl (détails en fin de page ici).


Dîner au Paw-Paw restaurant


Bon, c'est pas tout ça, mais on a faim, et surtout soif !
On s'arrête donc au restaurant Paw-Paw, repéré un peu plus tôt, qui nous semble bien sympathique avec ses bougies sur les tables et son cadre très authentique.
Et authentique, ça l'est ! Et l'accueil est on ne peut plus adorable.
Nous entamons notre bière, et nous réalisons que nous sommes en panne de cigarettes. Notre jeune serveuse nous indique où en trouver, puis elle revient vers nous pour nous expliquer, timidement, toute perdue mais avec un large sourire que le restaurant est en panne d'électricité et qu'elle n'a plus de bougies... Qu'à cela ne tienne, elle me donne des sous, me prête son vélo (après avoir fait tomber toute la rangée de bicyclettes garées devant le resto), et me voilà parti dans les rues de Nyaung Shwe de nuit en quête de bougies et de cigarettes. Evidemment, la boutique qu'elle m'a indiquée est fermée, donc je cherche par moi-même et finalement je trouve mon/notre bonheur.
Elle me voit revenir, soulagée et ravie, notre repas peut commencer. Curry de poulet au potiron, soupe de lentille, riz... C'est simple et frais, pas cher, rien à signaler !

Nous rentrons à l'Aquarius Inn, pour cette dernière nuit sur les rives du lac Inle...

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