Birmanie - jour 16 : Mrauk-U - Insolite, de long en large et en vélo


Vendredi 26 janvier

  • Peisi Daung Paya
  • Koe-Thaung
  • Ratanamanaung et Sakyamanaung
  • Déjeuner au Moe Cherry
  • Colline de  Lawkamanaung
  • Monastère Sanda Muni Phara Gri
  • Andaw Thein Pagoda
  • Coucher de soleil sur la zone centrale
  • Une pagode aux mille bougies
  • Retour et dîner au Prince Hotel






Bonne nuit après la précédente sur la route et la belle journée de visite d'hier.
Nous prenons notre temps installés à la grande table du Prince Hotel. Le petit déjeuner est bon, notamment les pancakes, café à volonté...
Nous décidons de louer des vélos pour la journée, cela nous permettra de gagner du temps tout en sillonnant la campagne de temple en temple. Les distances ici se prêtent bien à ce moyen de transport, ...et pour 2000K/jour (1,60€)... !
On vérifie tout de même l'état des montures, il ne s'agirait pas de renouveler l'expérience d'Audrey autour du Lac Inlé !

Vers 10h, nous envoyons les premiers coups de pédale en direction de Koe-Thaung, l'un des temples majeurs de Mrauk-U.
Juste après le pont à l'entrée de la ville, nous prenons une piste vers la droite qui longe les habitations puis traverse des champs où paissent les vaches, avec les pagodes en arrière plan.
L'ambiance est tranquille.









Peisi Daung Paya


Avant d'arriver à Koe-Thaung, nous laissons nos vélos au bord de la route et grimpons sur une petite colline au sud jusqu'à la Pagode Peisi Daung (oubliée du Routard, mais on ne lui en veut pas).
En plus d'être paisible et charmant, le lieu présente un beau panorama sur la plaine agricole et surtout sur le temple Koe-Thaung. La pagode n'a pas été restaurée, mais plusieurs très beaux bouddhas en grès ont résisté au temps et à l'effondrement des galeries.



















En léger contrebas de la pagode, une homme est occupé à sculpter avec minutie de jolies petites statues de bouddha. En silence, il ne nous demande rien, un simple salut timide.
Nous le regardons faire, et tentons d'échanger quelques mots. Nous comprenons qu'il vit avec sa famille dans l'une des maisons en contrebas de la colline. Sans discuter le prix (environ 3€) nous achetons l'une de ses œuvres, pour l'encourager (il ne doit pas passer beaucoup de monde à cet endroit...) mais aussi parce que ces statuettes sont très belles, et qu'il met du cœur à l'ouvrage.






Koe-Thaung


Alors Koe-Thaung, c'est l'enfer à photographier - en entier - de près ! Monumental, imposant, il aligne fièrement ses quelque 90 000 bouddhas face à la plaine. Incroyable et photogénique alignement parfait de stupas, tous identiques. Immense carré, il est composé de cinq terrasses, les supérieures abritant des galeries aujourd'hui partiellement effondrées.







































Bâti après Shittaung par le roi Mintikka (deuxième moitié du 16ème s.), ce dernier voulait en faire le temple le plus grand et le plus riche de Mrauk-U (au fait, on prononce Miaou !).
Nous visitons les galeries, sombres et fraîches puis ressortons sur la grande terrasse centrale où trône un énorme stupa en forme de cloche.































Des centaines de bouddhas de taille plus modeste sont alignés sur les galeries supérieures, en équilibre parfois instable sur les murailles éprouvées par le temps.



























Ratanamanaung et Sakyamanaung


Nous poursuivons la balade par les pistes.
Nous arrivons à la pagode Ratanamanaung, entourée de collines. Rien de spécial à signaler, si ce n'est qu'elle est en travaux. Seul Gautama juché sur un éléphant attire notre regard.


















Un peu plus loin, nous visitons la Sakyamanaung Pagoda, bâtie en 1629.
Bel environnement, son enceinte est gardée par deux géants colorés et elle entourée de 12 stupas.
A sa base, de grandes niches richement ornées abritent de beaux bouddhas.
Sur l'arrière, jolis bâtiments en bois.



















Nous revenons vers le centre de la ville en longeant le palais central (qui ne présente aucun intérêt, une vaste "esplanade" ceinte de remparts massifs et sans charme).
Il n'est pas loin de 13h, nous décidons d'aller déjeuner et nous rendons au restaurant Moe Cherry, qui semble faire l'unanimité, sans réelle concurrence dans le secteur. La terrasse n'est pas désagréable, la nourriture est très correcte et l'accueil souriant, mais c'est toutefois un peu cher (environ 10€ pour 2 plats et 2 jus de fruits). Cela semble être est un point de passage pour les visiteurs de Mrauk-U.








Nous reprenons nos vélos et faisons le tour de la ville, en passant -dans l'espoir de faire du change- devant la banque KBZ (fermée) située le long de la route principale après la zone du temple de Shittaung. Nous poursuivons par de petites routes au milieu des habitations jusqu'aux abords de la pagode Lawkamanaung à l'ouest de la ville.










Les habitants que nous croisons ne sont pas particulièrement chaleureux. Visages fermés, regards insistants, sinon parfois moqueurs, nous ne sommes pas très à l'aise.
Heureusement, nous croisons ce petit gars qui nous redonne du baume au cœur. 






Colline de  Lawkamanaung


Près de la Pagode nous laissons les vélos et partons à l'assaut de la petite colline que nous apercevions au loin hier soir lors de notre super coucher de soleil. Nous trouvons notre chemin grâce un jeune (instituteur ?) qui nous guide à l'arrière d'une école, au milieu d'une bananeraie, et après une bonne grimpette dans les broussailles nous atteignons le sommet de la colline. 
Nous sommes tout près des stupas qui faisaient le spectacle hier en arrière plan. Jolie vue dominante, les stupas, anciennes, semblent danser dans la végétation.










Monastère Sanda Muni Phara Gri


Nous retrouvons nos vélos et continuons la balade. Les différents quartiers n'ont pas beaucoup de charme... notre lecture des lieux serait sûrement différente si nous croisions plus de sourires. Nous cherchons un moment le monastère de Bandwola, non loin des lacs au sud de la ville. Il doit y avoir confusion : dans le Routard la description ne ressemble en rien avec ce que nous trouvons. En réalité le monastère semble plutôt être le Sanda Muni Phara Gri.










Nous laissons nos vélos et atteignons le cœur du monastère tout en haut d'un escalier. L'atmosphère est pesante, les regards inquisiteurs, aussi Audrey, peu à l'aise, repart m'attendre à l'entrée. Je fais le tour des lieux.
Les différentes salles de prières sont aménagés dans plusieurs bâtiments reliés par un petit chemin bétonné, la plupart sont en bois. Certains sont relativement anciens, le monastère ayant été fondé au siècle dernier. L'une des salles abrite une collection de bouddhas, reliques et objets religieux, comme un cabinet de curiosité, ainsi que le fauteuil aux pieds en forme de lions mentionné dans le guide.






Je rejoints Audrey. Un camion, plutôt un minibus stationne devant l'entrée du monastère. Ses passagers nous regardent de travers, certains semblent nous invectiver. L'un d'entre eux a craché devant Audrey en mon absence, lui faisant comprendre que l'on devait partir. Super ambiance, on part vite. Ce genre de choses, c'est du genre à gâcher notre séjour.
Le soir en discutant avec d'autres hôtes autour de la table du Prince Hotel, nous constaterons que le ressenti est le même.

Pour conjurer le sort nous retournons vers les temples de la zone centrale nettement plus agréable et aérée.
Nous en profitons pour visiter la pagode Andaw Thein.


Andaw Thein Pagoda


Très joli ensemble bâti en 1521, de taille modeste. Entouré de 16 pagodons, le stupas central abrite deux couloirs circulaires, bordés de jolies niches à bouddhas, qui mènent jusqu'à la très belle salle de prière. Le temple abriterait une dent de bouddha, relique ramenée de Ceylan (Sri Lanka) à la fin du 16ème s. par le roi Razagyi.


































La lumière est douce en cette fin de journée. Nous refaisons le tour du site et retournons visiter Dukkanthein et Lemyethna que nous avons beaucoup appréciés hier... Jeux d'ombres et lumières.
En contrebas, écoliers et jeunes moines s'adonnent à une partie de foot.






















Coucher de soleil sur la zone centrale


Vers l'est, nos regards s'élèvent jusqu'à "notre" colline. C'est bien là-haut que nous étions postés hier soir. 







Pour cette fin de journée nous serons moins ambitieux mais néanmoins bien servis. Nous profitons du coucher de soleil depuis la petite colline, très accessible, située en léger surplomb d'Andaw et Ratanabon. C'est certes moins spectaculaire et plus peuplé (ce n'est pas la foule non plus), mais nous passons un agréable moment.




















La nuit tombée, nous retournons rapidement vers la zone des commerces dans l'espoir de trouver un magasin ouvert pour notre journée du lendemain dédiée à la découverte des villages de l'ethnie Chin. On aimerait acheter des cahiers, des stylos, des produits de première nécessité, médicaments... à offrir dans les villages.
Mais tous les magasins sont fermés, nous verrons bien demain, l'un des premiers villages traversés abrite un marché et nous y trouverons certainement notre bonheur.

Par les petites routes, éclairés de nos simples lampes torches nous partons en direction du Prince Hotel. Les maisons peinent à sortir de l'obscurité : bougies, petites lampes à pétrole... La plupart des habitations ne disposent pas de l'électricité (ni d'eau courante), et les habitants n'ont pas assez d'argent pour s'équiper de groupes électrogènes.


Une pagode aux mille bougies


Spectacle insolite et magique à notre passage : l'une des collines surmontée de plusieurs pagodes (Zinamanaung ?) a été entièrement illuminée de bougies par les habitants ! Nous restons un moment à contempler, c'est magnifique.







Retour et dîner au Prince Hotel


Il fait nuit noire lorsque nous arrivons au Prince Hotel. Nous allons directement boire une bonne bière en guise d'apéro. Nous faisons connaissance de Gaëlle, une jeune Suisse partie pour un tour du monde reliant l'Amérique du Sud et l'Asie, et depuis plus de 15 jours en Birmanie. Riches échanges et partage d'expériences. Vietnam, Colombie, nous poussons un moment les frontières de la Birmanie, dans une chouette ambiance. Nous mangeons ensemble, pour notre part ce sera un très bon curry de poisson.
Elle nous fait également part de son ressenti à l'égard de l'accueil des habitants à Mrauk-U. Très désagréable sensation de ne pas être acceptée, au mieux indifférence, et pire, gestes injurieux... Nous ne sommes donc pas les seuls, et d'autres témoignages confirment nos expériences respectives.
Est-ce la situation d'isolement de la région qui en est la cause ? Il est vrai que l'Arakan est géographiquement difficilement accessible et que la région est ouverte depuis peu aux voyageurs. La situation militaire et les massacres commis envers le peuple Rohingya, repoussé aux frontières du Bangladesh, doivent également peser sur la population locale... Mais c'est un fait : ici l'étranger n'est pas/plus le bienvenu.
Ce constat laisse un goût amer à notre séjour. Malgré la beauté et l'originalité des temples, nous quitterons la région sans regret. C'est la première fois que nous ressentons cela en voyage.

Demain est un autre jour, nous partons du côté des villages Chin, avec l'espoir de découvrir ce peuple en toute simplicité et sans les filtres inhérents aux visites répétées des touristes... C'est une vraie conviction : pas question de verser dans le tourisme voyeuriste, d'être de ceux qui regardent les habitants comme des bêtes curieuses, distribuant Kyats contre photos....


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Dernier coucher de soleil à Mrauk-U